Traversées / 2013

Ce projet a été réalisépour l’exposition L’embellie au Château de Servières àMarseille en 2014.
 

Embellie : Amélioration du temps, devenant beau pour un moment, après une bourrasque, un grain violent ou un coup de vent obstiné.

L’image de l’accalmie en mer m'a évoqué celles des traversées de la mer Méditerranée par les migrants. L’embellie pouvant être une métaphore des espoirs et des illusions qu’ils charrient avec eux.

 

Le temps du transit est un temps intermédiaire, une sorte d’image latente dont on ne sait si elle est en devenir ou en train de s’effacer.

 

L’embellie se traduit chez Koki Watanabe et Camille Lorin par une réflexion sur les épisodes les plus sombres de l’actualitéde ces dernières années. Tous deux mettent en évidence les contradictions dans lesquelles chacuns de nos choix et de nos actions nous engagent, en opposition à une certaine forme de manichéisme ambiant. Pour Camille Lorin, l’idée d’embellie résonne avec les passagers clandestins groupés dans des embarcations de fortune, qui n’hésitent pas à quitter leurs rivages pour fuir une situation délétère et rejoindre les cotes de pays aux mille promesses. Lampedusa est à la fois une destination de désastres et d’espoirs. C’est cette antinomie que Camille Lorin met en scène dans ses photos, détresse et beautédu geste, beautétragique d’un geste de celui qui n’a plus rien a perdre. L’artiste produit des images pleines d’ambiguïté, chez le spectateur, le plaisir esthétique et la poésie se confrontent au sujet d’actualité terrible et cru, dénué de toute condescendance, cette       « beautétragique » qui entoure ses images, nous confond...

Communiqué de presse - L’embellie - Château de Servières - 2014

 

Génériques et silencieuses, les images de Camille Lorin renvoient le spectateur a ses propres projections.

Emmanuelle Gall, Télérama, 24 janvier 2014

 

Pas d’accalmie pourtant avec les photographies de Camille Lorin. La vidéaste propose deux grands formats saisissants, on ne sait pas s’ils parlent de lendemains qui chantent ou du coeur de la débâcle tant l’ambiguïtéest au coeur du travail de l’artiste. Avec Les Migrants, on découvre une embarcation fragile, entre deux eaux, elle héberge les regards perdus d’hommes et de femmes; clandestins aux identités incertaines. Et les détails de cette image, morcelés, disparaissent sur un autre mur pour mieux en souligner la tragédie ou en évoquer d’autres, si silencieuses.

Gwenola Gabellec, La Provence, jeudi 30 janvier 2014