La Durance, 2003

À l'époque de sa réalisation ce travail a constitué un pont entre mes différents travaux, un passage entre des lieux familiers et étrangers. J'ai choisi comme lieu de prise de vues le lit de la Durance qui est un espace dont l'humain est absent, ou plus exactement, dans lequel il ne demeure pas, c'est un lieu parfois traversé tels qu'en témoignent différentes traces. Traversé, il l'est également par les infrastructures routières et ferroviaires. C'est un espace de croisements.
 

J'ai photographié différentes personnes en mouvement en variant mon temps de pose, j'ai obtenu ainsi plusieurs variations de flous, l'appareil n'enregistrant que certaines parties du corps qui pouvaient se diviser, se superposer, s'étirer jusqu'àne laisser qu'un voile. La notion de durée apparaît alors comme un facteur déterminant quant au processus de disparition du corps dans l'image, le flou lui-même étant une représentation photographique, picturale, de notre perception d'un temps qui n'est pas figé.